Cérémonie de décernement du titre de Docteur Honoris Causa au Professeur Docteur Mukwege

La cérémonie de décernement du titre de Docteur Honoris Causa au Professeur Docteur Mukwege a eu lieu ce mardi 10 mars à la Cathédrale du Centenaire Protestant.

Cette cérémonie a connu deux temps forts : le Laudatio (la présentation du Lauréat et justification de son élévation au titre prestigieux de Docteur Honoris Causa de l’UPC) par le doyen de la Faculté de Médecine et Président du jury ainsi que la leçon publique par le lauréat.

Le Professeur Docteur Mukwege est né le premier mars 1995 à Bukavu où il fit ses études primaires et secondaires. Après sa formation en Médecine Générale à l’université de Bujumbura, il fit sa spécialisation en gynécologie et obstétrique à l’Université d’Angers en France.

De retour au pays en 1989, il s’installa comme gynécologue et Directeur de l’hôpital de Lemera au Sud Kivu. La guerre de 1996 va l’obliger avec plusieurs de ses collaborateurs à se réfugier à Bukavu. En 1999, il fonda l’hôpital Général de Référence de Mpanzi dans la ville de Bukavu, dont il assume le poste de Médecin directeur jusqu’à ce jour. Depuis sa création, il prend en charge des survivants des violences sexuelles et d’autres femmes avec des problèmes gynécologiques invalidants, notamment la réparation des fistules, ce qui lui a valu le qualificatif de réparateur des femmes.

En 2009, il crée la fondation Mpanzi pour assurer une prise en charge holistique ( psychologique, socio-économique et juridique) aux survivants des violences sexuelles soignés et prises en charge sur le plan médical. L’hôpital et la fondation se sont engagés dans la lutte contre les violences basées sur le genre et mène un plaidoyer tous azimuts pour les droits de la femme au niveau mondial. Il collabore aussi avec plusieurs partenaires locaux et internationaux dans la recherche clinique, la formation et les programmes communautaires divers. Il est initiateur du Fonds Mondial des Survivants des Violences Sexuelles créé en 2019.

En Septembre 2015, il défend sa thèse doctorale à l’école doctorale en Sciences Médicales à l’Université Libre de Bruxelles. Il est professeur d’Université et il a obtenu de nombreux prix dont le Prix Nobel de la Paix en 2018.

Dans sa leçon publique, il a ressortis que savoir et innovation, que l’Université apporte, étaient importants pour le pays et que la transformation des mentalités pouvait faire sortir ce pays de sa situation, la possession des richesses n’étant pas une condition suffisante. L’université doit s’adapter au contexte et former des élites visionnaires.

Il a évoqué les valeurs protestantes historiques, que nous devons respecter et qui sont fondées sur l’idée de réforme ; l’Eglise devant être repensée. Il a parlé de la responsabilité de l’intellectuel dans la société.

Ainsi, le travail fournit à l’hôpital est d’abord fondé sur la Foi, les valeurs de liberté….et vise des soins de qualité. Le projet de départ de l’hôpital prévoyait la lutte contre la mortalité maternelle. Cependant vu la réalité, l’hôpital s’est retrouvé face aux violences sexuelles, à la chirurgie réparatrice donnant une réponse médicale, physique, psychologique, socio-économique, juridique.

Il a proposé plusieurs pistes de solution pour lutter contre les violences sexuelles basé sur le genre : changer les mentalités, mettre fin à la masculinité toxique via l’éducation de base à l’égalité des sexes, lutter contre l’impunité, neutraliser la pléthore des groupes armées, mettre fin à l’exploitation illégale des minerais en établissant un commerce transparent et responsable des ressources avec traçabilité des minerais, créé le tribunal pénal pour la RDC.